Good old days
Casino de Martin Scorcese, que je viens de découvrir sur grand écran pour la première fois, n'avait rien sur le papier pour me plaire. Une histoire de rivalités dans un casino de Las Vegas entre mafieux italo-américains sur fond de trafic d'influence : très peu pour moi. Le film ne commence d'ailleurs pas au mieux avec l'annonce dès la première minute du drame final, l'agaçant flashback qui s'ensuit et le ton documentaire d'une voix off qui se met en place pour nous raconter le commerce illicite par le menu.
C'est souvent quand on se dit que les trois heures du film vont être longues que, sans qu'on s'en aperçoive, la magie du bon cinéma opère. Ça se complique sérieusement pour le clan de malfrats car le FBI est sur les dents et surtout le drame affectif entre en jeu et prend presque le pas sur le film de gangsters. Un grand merci au personnage complexe interprété par Sharon Stone, femme d'abord fatale puis aux abois qui creuse sa tombe malgré elle alors que Robert de Niro et Joe Pesci ne peuvent rien lui refuser.
On ne peut que s'incliner devant l'ampleur de la flamboyante intensité de la tragédie grâce à des personnages très bien écrits et à la magistrale mise en scène scorcesienne. 30 ans après sa sortie au cinéma, les spectateurs ont applaudi dans la salle.